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solo pour une main
L’art de la solitude
On a beau savoir que nous sommes des millions
À vivre sans toucher, à danser sans raison;
On a beau sourire ou pleurer, gueuler ou se taire
Ceux qui nous voient n’ont rien à y faire.
On a beau de se bercer ou faire un tour de terre
Ceux qu’on rencontre vivent un autre enfer
Nous n’y sommes que des ombres de fond
Qui ne changent rien à leurs vides illusions.
Le train est passé et je n’y suis pas
Les passagers ne le savent même pas
Occupés qu’ils sont à suivre leurs rails
Qui les mènent eux aussi à leur propre soupirail.
Le fossé est immense même pour les amoureux
Que dire alors des gueux et des vieux.
Chacun suit son étoile et ne l’atteint pas
Les astres par milliards brillent seuls au froid.
L’art de la solitude, figure imposée
Partage infini d’une distance implorée.
Rien n’y est misère, tout passe dans le geste
D’une main tendue espérant la caresse.
L’autre la voit, la prend, la laisse
Espérant à son tour combler l’abaisse.
La fin rejoint par détours le début
Nous arrivons au monde et nous le quittons nus.
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